Les plantes médicinales collaborent avec notre système immunitaire

En cette période de crise sanitaire mondiale, la santé est plus que jamais au cœur des préoccupations. La pandémie de COVID-19 s’est propagée à travers le monde faisant de nombreuses victimes. L’apparition de cette nouvelle maladie a bouleversé le quotidien de tout un chacun, remettant en question le système de gestion sanitaire des pays touchés. Elle a par la même occasion soulevé la problématique suivante : comment l’être humain peut–il se défendre au mieux face à l’émergence d’une maladie infectieuse de ce type ?

Le corps humain met naturellement en place plusieurs mécanismes de défenses à l’encontre de maladies : c’est le système immunitaire. Il présente  une réponse immunitaire non spécifique dite innée et une réponse spécifique dite acquise.[1],[2]

  • La réponse innée intervient contre tout type d’agression, c’est la première réaction du système immunitaire lorsqu’il rencontre une entité non reconnue par l’organisme. Les barrières physiques telles que la peau et les muqueuses constituent la première ligne de défense de l’organisme. Certains agents pathogènes parviennent à passer à travers ces premières barrières, c’est là qu’intervient le phénomène d‘inflammation[1]. Le système immunitaire recrute des cellules capables de prendre en charge un grand nombre d’agents pathogènes et de les éliminer. Leur afflux vers la zone contaminée provoque une réaction caractéristique de douleur, rougeur et chaleur.
  • La réponse acquise intervient lorsque la réaction innée n’est pas suffisante pour se débarrasser du pathogène. C’est une réponse plus importante du système immunitaire qui nécessite l’intervention de cellules spécialisées telles que les lymphocytes B et T. Cette réponse est dite spécifique car l’organisme cible un pathogène particulier et met en place un mécanisme de défense spécifique à celui-ci. La réponse acquise prend plus de temps à se mettre en place d’autant plus qu’elle implique la fabrication d’anticorps qui offriront une protection plus rapide et efficace lors d’une nouvelle rencontre avec le pathogène en question.[2]

Cependant, notre système immunitaire a ses limites et peut être submergé par le pathogène. Ainsi, les humains ont développé des stratégies encore plus ingénieuses : utiliser la nature pour aider le système immunitaire contre les maladies. En effet, depuis longtemps les plantes ont permis de traiter les symptômes et de renforcer le système immunitaire.[3] Puis, dans la médecine moderne, les scientifiques ont isolé les molécules actives de la matière organique. Ensuite, soit dans un souci de protection de la nature soit de rentabilité économique, certaines molécules ont été directement synthétisées en laboratoire ou en industrie pour la production de médicaments. Mais la possibilité d’utiliser les propriétés préventives et thérapeutiques des plantes n’a pas disparue. Nombreux sont les peuples à travers le monde qui utilisent quotidiennement les plantes médicinales contre divers maux.[4]

La phytothérapie est une stratégie qui a d’ailleurs été employée par plusieurs pays, notamment en Chine ainsi qu’à Madagascar pour lutter contre l’épidémie de la COVID-19 [5],[6].

Cette crise actuelle a éveillé de nombreuses consciences en incitant les populations locales à un véritable retour aux sources, à la nature et à privilégier les usages de plantes médicinales pour  maintenir ou renforcer ses défenses naturelles. De nombreuses plantes médicinales sont utilisées depuis des décennies comme immunostimulantes afin de booster le système immunitaire chez l’homme et ces propriétés reposent sur leur composition chimique.[2] Les plantes médicinales possèdent de nombreuses molécules appelées métabolites secondaires, molécules bioactives produites pour permettre à la plante une meilleure adaptation à son environnement ou bien à se défendre en cas de danger. Ces molécules, retrouvées dans les différentes parties de la plante médicinale (racine, feuille, fleurs, tiges) agissent de manière spécifique sur le système immunitaire, en favorisant la production des cellules spécialisées de l’immunité ou en activant la phagocytose par exemple.[7] Par ailleurs, il a été cliniquement démontré que l’Echinaceae purpurea (l’Échinacées pourpre) et le Viscum album (le Gui) induisent une augmentation de la réponse immune, par une activation plus importante des cellules du système immunitaire.[2] Sur un autre aspect, ces métabolites secondaires peuvent également tuer le pathogène responsable de l’infection (activité antivirale, antifongique, etc) et favoriser ainsi la défense du système immunitaire.[7]

La connaissance du potentiel immunostimulant des plantes médicinales couplé au contexte actuel de crise sanitaire et à la complexité de gestion de cette crise a donné naissance au projet « Guyane immunité » qui favorise la réappropriation des connaissances des plantes médicinales locales par la population guyanaise. En effet, la Guyane française, riche de sa biodiversité amazonienne, offre une multitude de plantes médicinales susceptibles de stimuler notre immunité pour faire face au mieux au pathogène.

Quelles sont ces plantes médicinales immunostimulantes de notre beau patrimoine naturel ? Le projet « Guyane immunité » nous aidera à le découvrir !

Vous pouvez soutenir Guyane Immunité sur le financement participatif en cliquant sur le lien suivant :
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Références Bibliographiques

[1] S.Magini, A.Pierre, P.C.Calder (2018). Imune function and micrronutrient requirements change over the life course.Nutrients. 10 (10), 1531.

[2] S.Kumar, P.Gupta, S.Sharma, D.Kumar (2011).A review on immunostimulatory plants. Journal of Chinese Integrative Medecine. 9 (2), 117-128.

[3] A.Puri, A.Srivastava, A.Bhardwaj, J.S.Tandon, K.C.Saxena (2010).Immunostimulant activity of certain plats used in Indian traditional medecine. Journal of Medicinal Plants Research. 7 (44), 3242-3246.

[4] S.M.K. Rates (2001). Plants as source of drugs. Toxicon. 39, 603-613.

[5] Y. Yang, M.S. Islam, J. Wang, Y. Li, X. Chen (2020).Traditional Chinese medecine in the treatment of Patients infected with 2019-New Coronavirus (SARS-CoV-2) : a review and perspective. International Journal of Biology Science. 16(10), 1708-1717.

[6] Https://www.lepoint.fr/afrique/madagascar-ce-que-l-on-sait-sur-le-covid-organics-09-05-2020_3826.php

[7]A.J.Alonso-Castro, M.D.C.Juárez-Vázquez, N. Campos-Xolalpa (2016). Medicinal plants from Mexico, Central America, and the Caribbean used as Immunostimulants. Evidence-Based Complementary and Alternative Medecine.

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