Le Gingembre, Zingiber officinale

Famille Zingiberaceae
Genre Zingiber
Espèce Zingiber officinale Roscoe

 

Noms vernaculaires [1],[2]

Créole : gingembre [jenjanm]

Palikur : isuu

Portugais : gengibre, mangarataia

Anglais : ginger

Espagnol : jengibre

Origine [2]

Le gingembre est une plante herbacée originaire d’Asie tropicale qui a été introduite en Amérique tropicale à partir du 17ème siècle.

Aire de distribution sur les territoires français[3]

Carte de présence de Zingiber officinale dans les territoires français (INPN)

Introduite

Introduite non établie (dont cultivée ou domestique)

Absente 

Itinéraire technique en Guyane

En Guyane, le gingembre est exclusivement cultivé dans les jardins créoles ainsi que dans les exploitations agricoles. La plante se compose de grandes feuilles odorantes et d’un rhizome, partie essentiellement utilisée. Pour exploiter le rhizome du gingembre, il est conseillé de cultiver la plante pendant un an, sélectionner les rhizomes à récolter et ceux à replanter puis les découper en morceaux et mettre ces morceaux en culture de nouveau.[4],[5]

Usages traditionnels

Le gingembre, à l’état sec ou frais, est utilisé depuis de très nombreuses années en médecine traditionnelle chinoise et Ayurvédique pour ses nombreux bienfaits et également dans le domaine alimentaire.[4]

Phytothérapie
  • Voie orale

Rhizome : Chez les Palikur, le rhizome du gingembre est préparé sous forme de tisane puis consommé afin de soulager les maux de gorge et également comme aphrodisiaque.[1] En Inde et en Asie, la décoction préparée à partir du rhizome est très utilisée pour traiter la grippe, la toux, l’asthme, le diabète et soulager les douleurs musculaires ainsi que les troubles digestifs, nausées et vomissements.[4]

Feuilles : En mélange avec le piment, les feuilles de gingembre sont portées à ébullition et le mélange est consommé pour soigner la tension.[1]

  • Usage externe

Chez les Palikur, le rhizome pilé et utilisé en cataplasme constitue un remède rafraîchissant contre les céphalées et les rhumatismes.[1]

Alimentation

Le rhizome du gingembre est traditionnellement employé en tant qu’épice au goût piquant, sous forme de poudre ou à l’état frais, après retrait de la peau. Il est également consommé sous forme de boisson tonique.[4]

Propriétés chimiques et biologiques reconnues 

PARTIE DE PLANTES TYPE D’EXTRAITS MÉTABOLITES SECONDAIRES PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES RECONNUES
Familles chimiques principales Molécules identifiées
Rhizome
Huile essentielle Monoterpènes et sesquiterpènes[6],[7] Camphène

Géranial

Néral

ß- phellandrène

Curcumène

1-8-cinéol

Farsène

Élémol

Citronellol

Acétate de géranyl

Terphinéol

Bornéol

Géraniol

Limonène

Linalool

α-zingibérène

ß-sesquiphellandrène

ß- bisabolène

Zingibérone

Zingibérol

Zingibérène

α-farmesène [6],[7]

Antimicrobien ; Antioxydant[6]
Méthanolique ; Éthanolique Dérivés d’acides phénoliques[8],[9],[10] Gingérol (6-, 8- et 10-gingérol)

Gingédiol

Gingerdiol

Gingerdione

Shogaol

Paradol

Zingérone [8],[9],[10]

Antioxydant ; Anti-inflammatoire ; Hypolipidémique ; Analgésique ; Antiémétique[7],[8]
Diarylhéptanoïdes[6],[11] (3S,5S)-3,5-diacétoxy-1,7-bis(4-hydroxy-3-méthoxyphényl)heptane

(3R,5S)-3-acétoxy-5-hydroxy-1,7-bis(4-hydroxy-3-méthoxyphényl)heptane

(3R,5S)-3,5-dihydroxy-1-(4-hydroxy-3,5-dimethoxyphenyl)-7-(4-hydroxy-3-méthoxyphényl)heptane

(5S)-5-acétoxy-1,7-bis(4-hydroxy-3-méthoxyphényl)heptan-3-one ; 5-hydroxy-1-(3,4-dihydroxy-5-méthoxyphényl)-7-(4-hydroxy-3-méthoxyphényl)heptan-3-one

5-hydroxy-1-(4-hydroxy-3-méthoxyphenyl)-7-(3,4-dihydroxy-5-methoxy-phényl)heptan-3-one

1,5-époxy-3-hydroxy-1-(4-hydroxy-3,5-dimethoxyphenyl)-7-(4-hydroxy-3-methoxyphenyl) [11]

Flavonoïdes[9],[12] Catéchine

Rutine

Quercétine

Méthoxyflavones[9],[12]

Toxicité

Le gingembre est une plante qui n’est pas considérée comme toxique selon la FDA (Société Américaine pour les aliments et les médicaments). En effet, dans le cadre de travaux TRAMIL, 60 mL d’une décoction à la dose de 15 g/L qui a ensuite macérée pendant une durée de 6h a été administrée oralement à 61 volontaires, 2 à 3 fois par jour pendant 20 jours. En parallèle, un volume de 30 mL de cette même préparation a également été administrée chez 13 volontaires à jeun. À l’issu de l’expérience, aucune manifestation clinique d’intolérance ou de rejet n’a été relevée chez les volontaires.[2]

Malgré ces données qui reflètent une faible toxicité du gingembre, il est primordial de l’utiliser en respectant les doses préconisées.

Anecdote

Le gingembre favoriserait la production de testostérone chez l’homme, hormone sexuelle masculine impliquée dans le bien-être général ce qui expliquerait son utilisation comme aphrodisiaque. [13]

 

Sources bibliographiques

[1] P. Grenand, C. Moretti, , H. Jacquemin. and M-F. Prévost (2004). Pharmacopées traditionnelles en Guyane. IRD Editions, Paris, France, 816 p.

[2] Zingiber officinale, TRAMIL, Programme de recherche appliquée à l’usage populaire des plantes médicinales dans la Caraïbe

[3] Zingiber officinale Roscoe, 1807, Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)

[4] S. Banerjee, H.I.Mullick, J.Banerjee (2011). Zingiber officinale : a natural gold. International journal of Pharma and Bio Sciences. 2 (1), 283-294.

[5] Pierre Silland, Expert Botanique

[6] G.Singh, I.P.S.Kapoor, P.Singh, C.S. De Heluani, M.P.De Lampasona, C.A.N.Catalan (2008). Chemistry, antioxydant and antimicrobial investigations on essential oil and oleoresin of Zingiber officinale. Food and Chemical Toxicology. 46, 3295-3302.

[7] I.Shashidaran, A.N. Menon (2010). Comparative chemical composition and antimicrobial activity fresh and dry ginger oils (Zinger officinale Roscoe). International Journal of Current Pharmaceutical Research. 2(4), 40-43.

[8] B.H.Ali, G.Blunden, M.O.Tanira, A. Nemmar (2008). Some phytochemical, pharmacological and toxicological properties of ginger (Zingiber officinale Roscoe). A review of recent research. Food and Chemical Toxicology. 46, 409 – 420.

[9] K. Ashraf, S. Sultan, S.A.A. Shah (2017). Phytochemistry, phytochemical, pharmacological and molecular study of molecular Zingiber officinale Roscoe: A review. International of Pharmacy and Pharmaceutical sciences. 9 (11), 8-16.

[10] G. Asamenew, H.W.Kim, M.K.Lee; S.H.Lee, Y.J.Kim, Y.S.Cha, S.M.Yoo, J.B.Kim (2019).Characterization of phenolic compounds from normal ginger (Zingiber officinale Rosc.) and black ginger (Kaempferia parviflora Wall.) using UPLC–DAD–QToF–MS. European Food Research and Technology. 245, 653-665.

[11]  J.Ma,X.Jin, L.Yang, Z.L.Liu (2004).Diarylheptanoides from the rhizomes of Zingiber officinale. Phytochemistry. 65(8), 1137-1143.

[12] A. Ghasemzadeh, H. Z. E. Jaafar, A. Rahmat (2011). Effects of solvent type on phenolics and flavonoids content and antioxidant activities of young ginger (Zingiber officinale Roscoe) extracts. Journal of Medicinal Plants Research. 5(7), 1147-1154.

[13] L.Khodaie, O. Sadeghpoor (2015). Ginger from Ancient Times to the New Outlook. Jundishapur Journal of Natural Phramaceutical Products. 10 (1), e18402.